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mon enfance

 

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 Patrick PALLIER

 

    Je serais né le jour de la capitulation de l’Allemagne nazie, quai de Tounis à Toulouse. Toulouse qui a depuis, réaménagé les berges de la Garonne en d’agréables promenades, qui accueillent en été des festivals où se transforment en plages.

quai de Tounis à Toulouse

Le quai de Tounis à Toulouse

      Nos parents: Pierre-François (Pierrot) et Jacqueline (appelée Lilli par ses frères et soeurs et Jacquotte ensuite) se sont connus à la fin de la 2ème guerre mondiale, à la piscine municipale de Toulouse. Papa se vantait d’y être venu au secours de maman, dans le grand bain, rencontre qui aurait scellé leur union.

Il m’a dit avoir renoncé à un stage de formation de pilote de chasse aux Etats-Unis, pour une aventure aussi périlleuse, celle de devenir... père de famille.

 

 

moi et mes parents

 

l’Allemagne

 

       Mon père rejoignit la R.F.A. à la mi juin 1945 à l'Etat-major de la 1ère Division aérienne puis fin 1948 à la Base aérienne n°139 Lahr, où papa échangea la dépanneuse de son convoi militaire (un énorme camion: "Diamond"), contre la Buick rutilante du général MURTIN. Le fait d’avoir ensuite"empaillé", cette Buick, fut peut-être à l’origine de sa ré-orientation vers les Transmissions "air" début 1950.

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                              Inspection à L’Hornisgrinde (1950)                           Papa, posant à gauche de la Buick du général Murtin (chef de la 1ère DA)

                                                                                                   avant de l'accidenter le jour de l'anniversaire de Christian (15 j.d'arrêts de rigueur) 

          Mon père aimait beaucoup les chiens (surtout les gros et les loups) et il déclarait volontiers, que pour lui, l’éducation des enfants s’apparentait au dressage de ces animaux. L’aîné de la portée que j’étais donc, fut suivi un an plus tard d’une petite soeur: Dominique (Domy), puis un an plus tard encore, de notre frère: Christian. Tous deux naquirent à Lahr (dans la: "Zone d'Occupation Française" en RFA).

Sept ans plus tard, naquirent les deux derniers louveteaux de la portée: Gilles-François, à Saint-Mandé en 1953 et Pierre-Eric, à Dakar en 1955.

     

                                                                                    Domy et Christian

                          

                                                                               Bettina (cocker à Papy)  et sa portée

Nos chiens:   

       

            Looping 1949                        Corsaire 1956                        Nora 1964                       Peggy 1979


    Après Lahr, nous rejoignîmes Ottenhöfen près de la frontière française, un charmant petit village de Forêt noire, au pied du mont Hornisgrinde, où travaillait notre père.

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                                                            paysage de Forêt noire (Schwartzwald)

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                                              le lac Mummelsee (entre Ottenhöffen et le mont Hornisgrinde)

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                                                   le BergHôtel tenu (alors par un camarade à papa), sur le lac Mummelsee

          Le  village était traversé par un petit torrent de montagne, figé de glaces en hiver. Nous résidions à l’étage, sous les combles d’une vaste maison rurale, proche de l’orée des bois. Derrière celle-ci se trouvait un verger de mirabelliers, dont nous nous régalions des fruits fraîchement tombés au sol. Nous y menions également la chasse aux salamandres qui vivaient dans les ruisseaux pentus. La vue, du haut de ce pré, adossé à un bois, donnait sur la vallée avec sa toute petite gare, où venaient buter régulièrement de petits trains de randonneurs. Parfois, l’arrivée d’une grosse locomotive à vapeur haut-le-pied, animait brusquement ce paisible bourg.

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      locomotive à vapeur de la Deutsch Bahn                    Ottenhôfen(la gare)                le pont principal du village

     
 
     

 

 

 

 

 

          Devant notre maison passait une petite route dont nous étions séparés par un solide portail, qui protégeait surtout le facteur des attaques irrépressibles de notre berger allemand: «Looping». Nous vivions presque de plein pied avec la nature et jouions avec des enfants allemand voisins. Durant l’occupation de l’Allemagne, nos rapports avec les habitants étaient parfois délicats. D’autant que j’avais accidentellement cassé d’une seule pierre, la vitrine d’un magasin local de porcelaines. Cette accident avait coûté fort cher à mes parents (mille marks). Et mon père dit m’en avoir surtout voulu de ma... maladresse.

           Plus tard, Domy poussa toujours accidentellement, un enfant du voisinage dans une fosse à purin. Heureusement les allemands étaient étonnamment tolérants, avec les jeunes enfants. Je garde surtout de l’appartement où nous vivions, le souvenir d’un parquet particulièrement riche en échardes qui, à chaque fois que nous jouiions, plantait immanquablement de cuisantes banderilles dans nos mains et nos genoux.

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        Je me souviens de certaines journées passées sur l’herbe jouxtant une piscine champêtre, d’où la sonorisation nous dispensait généreusement des chants tyroliens tout au long de la journée. Est-ce pour cette raison, ou plus simplement parcequ’ils étaient heureux, que nos parents et plus particulièrement notre père, chantait souvent des airs d’opérettes à la maison.

        Mais notre long séjour (près de 7 ans) en Allemagne prenait fin et j’ai souvenir, car j’étais désormais un grand, de notre voyage de retour en France en 1953, par quelques fugitives images, dont le franchissement du pont de métallique de Kehl marquant la frontière, par notre convoi ferroviaire.

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le pont ferré de STRASBOURG-KEHL à la frontière franco-allemande

 

 

A Paris


      A Paris, début avril 1952, nous nous sommes retrouvés entassés à six, dans le deux pièces d’un hôtel réquisitionné, situé rue Condorcet dans le 10ème arrondissement. Cet appartement en étage, se situait à proximité du square d’Anvers et de la butte Montmartre. Plus haut et à gauche de celui-çi, une placette triangulaire marquait l’intersection des rues Rochechouart, Turgot et Condorcet. Vétus de nos blouses grises et de nos galoches, nous fréquentions l’école communale de la rue Turgot.

sur-le-chemin-de-l-ecole.jpgsur le chemin de l'école

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le site actuel de l’école Turgot

Ma classe à l’école primaire Turgot (je suis le 3ème à partir de la droite au rang du fond)

  

         en visite dans Paris, à notre arrivée: pont Alexandre III et belvédère du parc des Buttes-Chaumont

       Nous y étions si nombreux à l'école, et la cour à l’arrière si petite, que toutes les classes ne pouvaient s’y trouver en récréation en même temps. L’établissement était vieillôt et sentait l’encaustique, sa façade principale donnait sur la rue, qui descendait en pente jusqu’au carrefour des rues Turgot, Rochechouart et Condorcet. A la sortie des cours, il nous arrivait de la dévaler, jusqu’au jour où Christian, trébucha du bord du trottoir et s’étala de tout son long sur le passage pour piétons. Nous le vîmes avec horreur, disparaître entre les hautes roues avant d’une Citroên traction avant. Heureusement que cette voiture disposait d’une importante garde au sol et il y eu pour tous, plus de peur que de mal. Et comme à l’époque les contrôles d’alcoolémie au volant n’existaient pas, le conducteur eut besoin d’un, voire deux, verres d’alcool au café voisin, pour se remettre de ses émotions.

     

                                                                             Le square Willette et Montmartre

          Nous allions parfois prendre l’air avec maman, square d’Anvers, au pied de la butte du Sacré-coeur de Montmartre ou sur les pentes de la butte, au square Willette. Nous escaladions la butte, par des allées torves délimitées par des rembardes de béton moulées dans des arbustes, jusqu’au pied de la blanche basilique. Souvent nous nous amusions, les bras plongés dans l’eau du bassin, en essayant d’éviter les coups de sifflets stridents et brefs des gardiens du square, vêtus à l’époque, comme les "hirondelles",d’un képi et d’une pèlerine. Je ne me souviens pas que nous soyons montés à l’époque, jusqu’à la place du tertre.

          Devant le Sacré-Coeur, voir Paris à nos pieds suffisait amplement à notre bonheur. En vrais poulbots, nous usions nos fonds de culottes sur les rampes d’escaliers parallèles au funiculaire, contrôlant habilement le freinage, de nos mains serrées sur la rampe, avant de sauter à l'arrivée.  

 

 

 

 

 

 

     A l’autre bout de Paris, dans le 14ème arrondissement, au-delà de Montparnasse, résidaient nos grand-parents paternels à qui nous rendions régulièrement visite. Ils habitaient un pavillon au 160bis, invisible de la rue Vercingétorix, car situé à l’arrière d’un immeuble. Cette habitation était enchâssé entre l’immeuble et les voies ferrées d’accès à la gare Montparnasse. Parfois, une locomotive passait lentement, nous dominant de sa masse noire, fumante et ferraillante.

    Devant le pavillon, survivait un rectangle de verdure et quelques arbres anémiés. Face à lui se trouvait l’atelier de l’éditeur Pierre Larive, l’ami de mes grands-parents, dont les collections numérotées de Diderot, Stendhal et Mérimée, sont aujourd’hui très recherchées par les amateurs du genre. Pierre Larive, orphelin, était le parrain de papa et aurait été sauvé de l’alcoolisme par ma grand-mère: Julia (Juliette). Avait-elle héritée cette générosité de son père ? François SAURIAC qui, basson à Radio-Limoges, disait mon père, avait ramené au retour d’un concert au petit matin, un cheval, destiné à l’équarrissage et de surcroît borgne, à la maison.

Pierre était doté d'une voix exceptionnellement grave, d'un regard clair et d'un calme qui tranchait sur l’effervescence familiale permanente.

    

             Mamy, moi et Pierre Larive, devant le n°15, de la rue de la Convention (15ème arrondissement)

Pour Julia, son fils est toujours resté « Pierrot », tandis que maman était appelée par elle: « ma petite Jacquotte » et sa fille monique: « pépée »

   

                       Julia, sa fille: Monique, Jacquotte et Pierrot (devant le pavillon, rue Vercingétorix)

     

 

 

 

 

 

 

                                    1953 naissance de Gilles-François

 

          Je me souviens que dans le salon du pavillon de nos grands-parents trônait au mur, à la place d'honneur, un tableau représentant un grand voilier sous le vent. Ce tableau avait été réalisé par un peintre « grand prix de Rome ». Mais l’artiste n’était pas au fait de l’aérodynamique, puisque les flammes en haut des mâts suivaient vers l’arrière, la course du bateau, et non celle du vent s’engouffrant dans les voiles, en sens inverse. Etait-il possible à l’époque, qu’un voilier aille plus vite que le vent qui le pousse ?
         Dans Paris, nous nous déplacions parfois dans l’automobile des grand-parents, une Renault PrimaQuatre je crois, car à cette époque la densité de circulation n’était pas celle d’aujourd’hui. C’était une berline noire très carrée, semblable à tant d’autres. Elle fut suivi, d’une 4cv Renault, modèle auquel nos grands-parents restèrent fidèles, jusqu’à la mort accidentelle de ma grand-mère, tuée à bord de l’une d’entre-elles. La 4cv représentait pour notre "parisien" de grand-père, la voiture idéale pour circuler dans Paris.

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      Renaut Prima Quatre                                                   Renault 4cv

              Notre grand-père paternel: Gabriel PALLIER, marié à Julia SAURIAC, était un ancien pilote de chasse qui a participé à la guerre de 1914-1918, puis à la "drôle de guerre" de 1939-1940. J’évoque ce que j’ai appris de sa carrière (essentiellement au Service Historique de la Défense, fort de Vincennes), dans la 2ème partie de ce site.

         

                                                                        Gabriel PALLIER et Julia SAURIAC

         Notre grand-père maternel: Jacques OULES (prononcer: "Oulès"), dont j'évoque la carrière en 3ème partie de ce site, fut marié à Jeanne IDRAC ("mamette", pour ses petits-enfants), dont il eut cinq enfants. Il fit une carrière militaire dans l’infanterie coloniale, dont des séjours pour la plupart en Afrique et en Indochine.

Il termina sa carrière comme lieutenant, au 16ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais (RTS), durant la campagne de France.                

 

 

 

 


 

 

Georges OULES             Jeanne, Georges  et Jacqueline OULES à Kindia (Guinée)      Jeanne OULES (née IDRAC)

 

        C’est à Paris, que je découvris l’aviation de l’époque. D’abord celle, calme et virevoltante d’Issy-les-Moulineaux puis celle, vive et tonnante des salons de l’aéronautique au Bourget. D’autant qu'à cette époque, les pilotes français de Dassault Mystère IV (notamment le colonel Conztantin ROZANOFF) venaient de découvrir comment diriger les bangs soniques vers la foule et ne s’en privaient pas.

   

                                  Dassault MD-450 Mystère IVA et "Kostia" ROZANOFF

          Nous ne restâmes que deux ans à Paris, dont une «courte» interruption de deux mois d’été en Charente, au château de Cressé où nous allions découvrir: les chants de "colo" et la campagne française avec ses fleurs et ses moissons d’été. Maman elle, se remettait lentement de l’accouchement de notre frère Gilles-François.

Je nouais à Paris de solides amitiés avec des « pôtes » parisiens, que l’éloignement allait malheureusement, rapidement me faire oublier.

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                                                        Le château de Cressé et la campagne charentaise l’été     

  

 

 

Le Sénégal


         Papa fut muté à la base aérienne n°160 de Ouakam à Dakar pour deux ans en janvier 1954. Il rejoignit son affectation par les moyens du transport aérien militaire: un DC-3 «Dakota», afin de traverser par sauts de puce, la Méditerranée.
         Pour la famille, nous fûmes mieux lôti et primes un avion civil à Orly, via Marseille-Marignane et notre voyage s’effectua de nuit sans problèmes, sur une Douglas DC6B de la compagnie de l'Union Aéromaritime de Transport ou UAT(à l’origine avec la TAI, d’UTA). L'avion poursuivait ensuite son périple sur Bamako, Conakry et Abidjan. Il avait été question initialement, que le voyage se déroule sur De Havilland Comet 1 à réaction, mais ce nouvel avion de ligne venait d’être interdit de vol après plusieurs accidents graves. Par la suite l’on sut que ces accidents furent dûs à l’apparition de criques microscopiques de ruptures sur la cellule.

   

                                       Douglas DC-3 et DC-6B                                                       De-Havilland Comet 1

         Durant notre séjour de deux ans à Dakar, nous allions changer à trois reprises de lieu d’habitation. A début, nous avons aménagé au rez-de-chaussée d’une maison toute blanche, seule au milieu de la médina. Malheureusement, elle s’avéra envahie par l’eau à chaque orage, car bâtie au-dessous du niveau du sol. Nous comprîment alors, l’utilité des lits gigognes à étage, en haut desquels nous nous réfugiions, pendant que nos parents écopaient.

   

 

 

 

 

 

Jacquotte, place Protet - notre maison (dans la Médina), puis à la "SICAP Karak" avec Dick - Renault Juvaquatre

dakar-place-protet.jpgla place Protet

       Il fut donc nécessaire de quitter cette maison, afin de nous rapprocher de Ouakam, pour une villa mitoyenne dans un lotissement nommé « SICAP » proches du point « E ». Au Point « E » se trouvait l’école publique à laquelle nous nous rendions à pied, en franchissant une ligne de chemin de fer. Il s’agissait d’une école publique et mixte (en sexe et en couleurs). C’est là, que j’ai pu observer l’envol dans le ciel d’un toit de paillote emporté dans le ciel par une tornade.  

   

Baobab de l’ellipse, au Point E (abattu en 1971) - le manioc (nourriture de base d'alors)           taxi-bus

   

                 Les SICAP(banlieues)                      paillote dans la médina (1955)              un pavillon du Point E

       

Ma classe à l’école primaire du Point E (je suis le 4ème à partir de la gauche au dernier rang)

la classe de Dominique au Point E (au centre du 2ème rang)               

la classe de Christian au Point E (1er à gauche au premier rang)

          Nos voisins de maison à la SICAP étaient africains et nous offraient lors de leurs fêtes, au travers de la haie de séparation du jardin, de merveilleux beignets gras à souhait. Nous nous appliquions avec acharnement, à faire « griller » toute la végétation de notre jardinet en l’arrosant abondamment aux heures chaudes. Seuls, je crois, quelques bananiers survécurent à cette volonté de bien faire.

   

  1955  -  La plage de N’gor (1955)              hydravion Short "Sunderland"        le porte-avion "Arromanche" de retour de Suez

         Chaque week-ends de gros hydravions blancs « Sunderland » procédaient à des parachutages sur la baie. Site évoquant cet appareil utilisé par l'aéronavale
J’étais amoureux de ma petite voisine: « Josette » au joli minois et à la peau claire et tachée de rousseur, vêtue d’un éternel gilet de laine.
Elle était la fille d’un mécanicien et cela aurait bien pu être utile à notre voiture, une vieille Renault Juvaquatre noire qui rendit l’âme à l’entrée de la cité, un soir en crachant des flammes par son pôt d’échappement. Ce drame mécanique, nous contraint ensuite a utiliser les autocars militaires pour nous rendre à la plage d’ N’Gor: pour apprendre à nager d’abord afin d'ensuite nous baigner sans risque.                             
                    
         Face à cette plage se trouvait l’île d'N’Gor, que papa décida de rejoindre à la nage ce qu’il réussit, mais pour se poser sur... un banc d’oursins.

Je me souviens du long travail de patience de maman le soir, extrayant une à une (surtout sans les casser), à la pince à épiler, les épines d’ursidés profondément enfoncées dans la chair. J’ai également le souvenir d’une pneumonie carabinée contractée par mon père, là-bas dont il faillit ne pas réchapper.

Mais nous prenions notre revanche sur les animaux marins, en allant au mess de la base aérienne, manger la délicieuse langouste dominicale.

        A la SICAP, dans les haies, nous chassions les caméléons, dragons miniatures, en les faisant virer de couleur du vert au gris, une fois qu’il se savaient découverts.

 

                                                     Caméléon

        Les jours de Ramadan les moutons; attachés à un piquet dans les jardins, étaient égorgés selon le rite. Nous observions fascinés, le sang s’écoulant de la gorge des bêtes sacrifiées. La brousse se trouvait directement derrière nos maisons, avec ses fourmilières géantes, ses serpents et les chacals (ou des hyènes) venant jusque dans nos jardins, fureter la nuit.
      Parfois, nous allions assister à des concours de steeple-chase, sur une belle pelouse verte obtenue, à l’anglaise, à grand renfort d’arrosages et pourtant le rationnement en eau existait déjà. Nous étions à l’époque régulièrement survolés par des avions épandeurs de DTT, sans savoir que ces produits pouvait à terme, nous être également néfastes.

     
                                                                          nos parents à Dakar (1954)                  
         Notre dernière habitation à Dakar, fut un appartement au dernier étage d’un immeuble de la cité des « aviateurs », cité neuve et contigûe au casernement de la base aérienne de Ouakam. Nous y étions réveillés au son du clairon, mais luxe suprême: maman disposait pour l'aider, d’un tirailleur: "Victor" et d’une nounou: "Rockaya". Nos nuits étaient bercées des coassements des crapauds-buffle et des films du cinéma en plein air proche, où étaient surtout passés des films de Fernandel, dont les sourires aux grandes dents blanches plaisaient beaucoup. Les murs intérieurs du camps étaient tapissés de bougainvilliers d’un rose éclatant.

   

Christian, Domy et moi à Dakar (1955)        sur la plage d’ N’’Gor                l’écran du cinéma en plein air de Ouakam

          Parfois, nous traversions la route pour nous rendre sur l'aérodrome militaire voisin de Ouakam, observer les mouvements d'avions de types LéO 45 et AAC-1 Toucan (version française du trimoteur Junker Ju-52). 

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                                  LéO 451                                                                       AAC-1 "Toucan"

D’immense baobabs situés derrière notre bâtiment, nous servaient de terrain de jeux et nous mangions leurs fruits: «pains de singe», filandreux et au goût acide.

 

 

 

 

                                                               le baobab et son fruit le pain de singe

     

Les pavillons de Ouakam, face à notre immeuble et Christian devant celui-ci    Bal masqué, Pierrot (de face en armure de chevalier)

        Les fêtes étaient assez fréquentes, et je me souviens que nos parents avaient participé à un bal costumé. Mon père était revêtu d’un armure en carton qu’il avait réalisée, à l’aide notamment d’assiettes en carton aux articulations, le tout peint en aluminium. Mais le premier prix fut remporté par un robot équipé de feux multicolores, réalisé par des mécaniciens. La lutte était inégale...   

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                                                          nos parents en ville

        Souvent en fin de journées, nous nous rendions à pied à la plage la plus proche située en bas du casernement, pour capturer les alevins restés prisonniers dans les trous des rochers, qui s’étaient laissé surprendre par la descente de la marée ou observer le retour des pirogues colorées des pécheurs, attendant la « bonne » vague afin de les poser délicatement sur le sable.

pirogues-de-peche-senegalaises-1.jpgpirogues de pècheurs

Nous nous rendîmes une journée à Thiès au nord-est de Dakar. Là, lors de l'après-midi de détente, je trouvais le moyen de percer accidentellement, le mollet de ma soeur d'un coup de fléchette. Il est vrai qu'elle avait choisi précisément le moment du jet, pour traverser entre moi et la cible (et comme tout le monde n'est pas... Gillaume Tell).

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un transport local lancé sur la piste ( bien chargé).

Notre dernier frère Pierre-Eric naquit en 1955 à Dakar.

   

       Pierre-Eric, porté par sa nounou: Rockaya N’Gaye

Nous rentrons tous en France, sur le paquebot: «Djenné», durant la 1ère semaine de septembre 1956.

   

paquebot Djenné de la Cie Paquet  Affiche de la Compagnie de navigation PAQUET

                                       le paquebot "Djenné" de la compagnie Paquet

     Nous voyageâmes en compagnie d’appelés du contingent installés dans la cale, dont nous allions découvrir l'existance à l’arrivée à Marseille, lorsqu’il jetèrent dans le port, une immense quille de bois. Durant ce voyage, seul Christian ne souffrit pas du mal de mer  et bien entendu nous l’envions, car il pouvait manger à satiété, notamment nos glaces servies au dessert. Avec ce vieux navire aux odeurs de peintures et des graillons, nous fîmes heureusement escale, à: Las Palmas, Casablanca et Tanger, ce qui nous permit de reprendre un peu de poil de la bête à chacune d’elle, mais pas pour longtemps.                        
Je garde de Las Palmas, le souvenir d’une eau d’une transparence cristalline, de Casablanca sa blancheur et de Tanger, sa bienfaisante fraîcheur sous les frondaisons des arbres dominant le port.  

   
               L’embarquement                                           le départ                                       en mer

 

 

La France

 

        Papa bénéficiant d’un congé de retour d’outre-mer de 6 mois, il choisit de nous faire rejoindre Aumont-Aubrac, en Lozère au beau milieu du Massif central, là où vivaient: sa soeur Monique, son mari Gaston et leurs garçons.

 
                                                                                                      Aumont-Aubrac (Lozère)

        Situé à environ 1000 mètres d’altitude, le climat vivifiant du plateau de l’Aubrac nous fit le plus grand bien à notre retour d’Afrique. De surcroît, l’hiver 1956 fut particulièrement rigoureux et nous eûmes beaucoup de neige à déblayer, pour accéder de la route à notre maison située à l’écart du village. Déneigeage f’autant plus nécessaire que papa, avait acquis sa première voiture neuve, une Peugeot 203 berline gris-bleu (avec toit ouvrant manuel et pneus à flanc blancs, s’il vous plaît).

        Notre Peugeot 203                            Nos maisons à Aumont-Aubrac      Avec nos cousins et leur père: Gaston

      Le pré, sur lequel s’élevait la maison, était bordé au fond par un remblai, sur lequel passaient les vieilles motrices électriques de la ligne de chemin de fer du massif central. Cette proximité, exacerbait notre imagination et nous réalisions dans le pré une voie ferrée-annexe, ombragée de pieds de cigüe, que nous parcourions à l’aide trains constitués de boites de conserves accrochées. Ainsi, les boites de sardines représentaient les wagons à ridelles tandis que les boites cylindriques représentaient les wagons-citerne. Cela était tout à fait d'inspiration africaine, qui permet de réaliser des objets à l'aide de peu de moyens.
             Chaque dimanche, nous retrouvions nos cousins: Arnaud et Pascal, devant un bon repas servi dans un restaurant local, dont le menu commençait invariablement par des bouchées à la reine généreuses, servies sur une nappe de vichy rouge. Mais dès le repas terminé, nous allions ensemble, dévaler follement les pentes d’en-face, en roulant dans l’herbe fraîche. Ce rendez-vous dominical fut une fois l’objet d’un drame, lorsque papa passant devant le restaurant de la gare, ne put éviter une file de canards imprudents qui s'étaient aventurés sur la route enneigée. Finalement, le propriétaire décida d’ajouter les victimes au menu du jour, ce qui clôt l’incident.
            Nous allâmes ensuite habiter le milieu du village, dans une maison familiale appartenant à une demoiselle Mallet. Une maison dont le grenier recelait plein de vieux trésors. Le mobilier était aussi âgé que sa propriétaire et les chambres à l’étage, non chauffées, voyaient les lits couverts de généreux édredons de duvet. Au grenier, entre des piles de cartes postales surrannées, nous trouvâmes une frêle chaufferette, que nous utilisames brièvement comme une luge. Dans la cour, devant la maison, rouillait paisiblement la roue d’une pompe à eau à la retraite, que nous renonçâmes, malgré de nombreuses vaines tentatives, à ranimer.
En contrebas de la maison mallet, passait dans une courbe encaissée, la voie ferrée déjà citée. Les trains y passaient précautionneusement. Combien de fois, avons-nous placé des cailloux sur le rail, espérant faire dérailler le monstre de fer... heureusement en vain.

   
     Motrice de la ligne  Paris-Béziers        Viaduc du Garabit (Gustave Eiffel) enjambant la vallée de la Truyère     

     Je découvrai à Aumont, une école religieuse, dirigée par un Abbé, dont j'ai oublié le nom. Elle était située au centre du village et faisait face au monument au morts.J’ai gardé de cette école le souvenir de la prière du matin obligatoire et de nos folles glissades d'hiver debouts sur la glace, en travers de la cour. L’ouvrage d’art le plus proche et le plus impressionnant auquel nous allâmes rendre visite fut le viaduc du Garabit, construit par Gustave Eiffel, pour enjamber la Truyère.

       
 Christian et Looping     Gilles-François, Domy et Pierre-Eric     Pierre-Eric             Moi, Corsair, Domy  et Christian

            Mais notre père, muté à Aix-en-Provence, devait y reprendre son travail début janvier 1957. Nous embarquâmes donc tous les sept à bord de la « 203 » pour descendre les lacets les Cévennes, en directions du Midi de la France.


           Nous allions désormais habiter à Lambesc, un charmant village provencal situé à vingt kilomètres à l’ouest d’Aix-en-Provence et qui porte encore les stigmates d’un tremblement de terre survenu le 11 juin 1909 (de magnitude « 6 » sur l’échelle de Richter), son église y a perdu la flèche de son clocher, jamais reconstruit depuis.


Le centre de Lambesc (nous avons habité l’appartement indiqué qui donnait sur la place des Poilus)

       Notre appartement se trouvait sur la place des poilus, place portant en son milieu un monument aux morts, face à l’église.
       Nous avons vécu à Lambesc de nombreuse années, et j’y ai passé mon adolescence parmi le thym, la lavande, les oliviers et les troupeaux de moutons..Nous étions inscrit à l’école communale, un bâtiment récent érigé à l’écart du bourg, sur les hauteurs du plateau de Berthoir. Pour nous y rendre nous devions traverser une grande partie des vieilles rues de Lambesc. Près de l’école dans la pinède, se trouvait la maison du facteur M.Saule, créateur en 1957 du groupe folklorique « Lou Galoubet », groupe dont Dominique fit partie durant quelques années, ce qui lui permit de voyager très tôt, tout en dansant.

 
       Le groupe folklorique « Lou Galoubet »(tambourin provençal )            la place de l’église vue de notre appartement

Ci-dessous, mon circuit préféré au départ de Lambesc, avec mon 1er vélo (un Peugeot, moutarde métallisé, parfois emprunté à mon insu par Domy, elle me l’avoua plus tard):

            Lambesc se situe au sud et au pied de la chaîne de La Trévaresse. Plusieurs fois, en été, nous nous rendions à Charleval à pied, où avait été créée la première piscine en plein air de la région, piscine d’ailleurs assidument fréquentée par les taons. A mon arrivée à Lambesc, je fus placé dans le cours de Mme Groulet, qui préparait les élèves à l’entrée en 6ème. Ce cours était mixte ce qui, après la férule de l’école chrétienne d’Aumont, me paraissait bien agréable. Ensuite je poursuivis mes études primaires en deux années de préparation au Certificat d’études primaires (C.E.P.), dans la classe de M.Michel (dit « médord ») zélé com  muniste et fervent admirateur d’Yves Montand.
 

       

le Jacquemart de 1646    la fontaine du centre          hôtel Cadenet Charleval dit «Sévigné»   le moulin de Berthoir               
 
        J’aimais beaucoup la nature alors présente aux environs du village, et je m'y promenais souvent avec notre chienne berger belge noire: Nora.

     Cet amour de la nature, nous incita jusqu’a ramener dans les platanes de la place, des rainettes trouvées dans les étangs voisins. Les pèriodes pluvieuses, nous voyaient transformés en chasseurs d’escargots, le long des murs de la route de Charleval. Plusieurs fois, seulement équipés de bougies, nous avons rampés sous terre, le long d’un petit boyau amenant une conduite d’eau au lavoir et à la fontaine aux moutons, dont les parois de mousse regorgeaient de sangsues laissées par eux. Nous pénétrions également par un soupirail dans l’hôtel de madame de Grignan, alors en piteux état
       Parfois, armés de courage, nous montions à pied jusqu’à la chapelle Saint-Anne de Goiron et le monument aux morts locaux de la résistance, tués lors d’une opération, durant la 2ème guerre mondiale. Le site est majestueux, calme et offre une vue magnifique sur la vallée de la Durance. C’est notre voisin de palier, Pierre Gazhanes, aujourd’hui président de l’Association du "Vieux Lambesc", qui nous a fait connaître ce lieu remarquable.

   
       le monument aux morts et l’église      couvent Sainte Thérèse (rte de Pelissanne) 

    Lambesc et ses champs de narcisses en été, ses iris sauvages dans la garrigue, ses oliviers, ses pins parasols et ses cigales, il y faisait bon vivre malgré la chaleur. Il suffisait de connaître les ruisseaux et les sources, pour qu’une simple promenade soit un enchantement. J’ai le souvenir également de cerisiers généreux bordant la route menant à Charleval.
    La vie sur la place des poilus était paisible. Lorsque nous sommes arrivés à Lambesc, l’adduction d’eau dans les appartements venait juste d’être réalisée. Mais j’ai le souvenir d’un chauffeur routier voisin qui longtemps encore, se lavait par habitude chaque matin le torse, à la borne-fontaine de la place. Nous nous sommes liés d’amitié avec des enfants à l’école, mais plus particulièrement avec ceux du quartier. J’ai le souvenir, de droite à gauche: de la famille MARTY, réfugiés républicain espagnols pauvres, dont le fils ainé, grand, brun et mince portait des lunettes et était fanatique des postes de radio à galène, qu’il ne cessait de perfectionner. C’était une famille nombreuse. Puis venait la cure, dont le curé: M.RAIMBAUD était un théologien assez peu aimé de ses ouailles du fait de son rigorisme. Toujours vétu d’une soutane et d’un chapeau noir, il parcourait le parvis de l’église de long en long en lisant son missel. Il transportait les enfants du patronage dans sa vielle guimbarde noire. Les garnements que nous étions appréciions particulièrement les cérémonies religieuses: mariages ou les baptèmes car les participants jetaient toujours quelques poignées de menue monnaie sur place poussièreuse, à la fin de l’office. La campagne Lambescaine comprend près de treize oratoires.

    
Corso fleuri de Lambesc, Domy sur le char de la reine et sur celui de: «la fontaine des amours»     un oratoire

         Au couvent Sainte-Thérèse, route de Pelissanne,  je rendais régulièrement visite à un moine franciscain: le père: "Don Buenner" qui disposait d’un bureau et d’une bibliothèque d’une richesse exceptionnelle. Ce puits de sciences, curieux de tout, cultivait avec amour des géraniums dans un petit jardin clôt latéral. Sur son bureau était posé un majestueux morceau de quartz, noirci par la foudre, qui me fascinait par ses éclats mauves.
         En fréquentant le père, je me rapprochais inconsciemment de mon amour (platonique) du moment, une jolie brune au long cheveux, à la voix d’or, qui comme sa mère, chantait à la choral de l’église et travaillait à l’école Jeanne d’Arc, école de filles installée précisémment dans le couvent Ste-Thérèse. Cette famille était originaire, je crois de Marmande, son père était sous-officier dans l’armée de l’air et marié à l’organiste de l’harmonium, tous deux étaient chrétiens très croyants. Ils avaient quatre enfants: trois filles et un garçon qui se prénommaient respectivement: Marie-Joseph, Chantal, Anne-Marie et  Bernard, qui fréquentaient assidument l’église. A combien de vêpres avons-nous également participés, les dimanches après-midi.

          Entre leur petite maison coincée en surplomb de la rampe accédant de la rue principale et la cure, se trouvait une grande bâtisse occupée par le docteur Sabatier, qui avait un fils unique, Christian. Au bas de la rampe, qu’il me fallait bien remonter chargé, se trouvait le droguiste-quincailler chez qui j’allai chercher les bouteilles de gaz, nécessaire à la cuisson. De l’autre côté de la rampe et perpendiculairement à celle-ci, une ruelle étroite donnait derrière la pharmacie où vivait le fils du pharmacien et ses parents qu’il devait vouvoyer et commencer ses phrases envers eux, par: « Plaît-il ? ». Son imbécile de père, s’était permis de me gifler dans la rue à la suite d’une dispute avec son fils. Aujourd’hui encore, je glisserai volontiers de l’arsenic dans les bocaux de ce pousse-canules prétentieux.
          Sur la place et à l’amorce de cette ruelle, se tenait une aimable boulangerie où mes parents amenaient chaque dimanche le poulet dominical à rôtir. J’y ai découvert de délicieuses Fougasses aux copeaux d’amandes, pâtisseries dures et ciselées en forme de feuille ovale. A côté vivait une jeune fille d’origine lyonnaise qui s’exerçait au violon à sa fenêtre. Une ruelle courte et encaissée reliait la place de l’église à la place du marché ou place Jean Jaurès.

   
Sur le viaduc  de l’ancienne voie ferrée   la pose pour tous                              sur la place de l’église


       Au coin gauche de cette ruelle, se trouvait le magasin de radio-télévision de MM Lèbre et de leur fille cadette Marie-Blanche qui dansait également au groupe « Lou Galoubet ».
       A côté, une maison qui n’était occupée qu’en été par des français vivant au Maroc, les Manzanaresse qui avaient un garçon et une fille de nos ages. A côté une vieille fille: Odile et ses vieux parents, puis notre immeuble dont le sombre et large couloir menant au fond à l’escalier était toujours extraordinaire de fraîcheur en été. A premier étage, au dessous de nous, vécut un temps un jeune couple, les Dupont dont les disputes n’avaient d’égales que les réconciliations.
Sur notre palier, face à notre entrée logeaient des marseillais: les Gazanhes qui venaient à Lambesc durant l’été. Pierre Gazanhes, le cadet, se plaisait à Lambesc tandis que son frêre aîné ingénieur, peignait des paysages locaux. Pierre, a l’époque portait d’épaisses lunettes, il est aujourd’hui responsable du musée du vieux Lambesc et a écrit en 1992, un livre sur cette ville qui a quintuplé sa population depuis l’époque (de 2000 à 10 000 habitants).
      Après avoir passé mon certificat d’études primaires à Lambesc, j’ai été admis dans le centre d’apprentissage G1550 d’Aix-en-provence: « l’université du galet cantan » comme le baptisait, mon moqueur de père. Cet établissement était coincé entre l’école militaire préparatoire, derrière le lycée technique et l’école des arts et métiers, auprès d’une chapelle désaffectée dans laquelle séchaient les planches de bois nécessaire à notre apprentissage de menuisiers. D’autres corps de métiers ouvriers y étaient formés en trois ans d’études: ajusteurs, chaudronniers, menuisiers, maçons...Le fait d’être enfant de militaire, ne m’aidait évidemment pas beaucoup dans ce milieu, bien au contraire.

     Nous rendions visite à nos grands-parent: au quartier du "Paradis sud"à Carqueiranne pour passer des vacances chez mamette, son fils Claude et sa fille Colette et à la villa "l’escadrille" de Boulouris pour rencontrer papy et mamy.

 

Visite de mamette à Marignane (SE-200)                                 Christian et papa à Boulouris

 

                                               la villa "l’escadrille" à Saint-Raphael Boulouris: portail et terrasse (été 1964)

 

                                               En visite chez nos grands-parents paternels à Boulouris  

retour-des-sablettes-carqueiranne.jpgDe retour de la plage du Pradon à Carqueiranne, avec notre grand-mère maternelle (Mamette)

mamette-devant-sa-maison-a-carqueiranne.jpgMamette à Carqueiranne

portrait-de-mamette-oules-a-carqueiranne-003.jpgmamette à la fin de sa vie

mamette-francoise-et-rene-oules.jpgMamette avec son fils René et sa femme Françoise, à Paris

         Lorsque nous allions à Marseille, très souvent nous nous rendions au vieux port et passions parfois devant la « maison du fada » (la « cité radieuse » de Le Corbusier).Nous allions nous baigner dans l’étang de Berre, sur les plages de Massane ou Varage. Il nous est arrivé d’assister à des joutes nautiques à Martigues.Nous nous rendions parfois à la plage des Lecques pour la journée.   

 
la cité radieuse de Le Corbusier(appelée: "la maison du fada")                          Joute nautique
            

 
                 la plage de Varage en 1960                                                  et celle des Lecques


           A l’été 1962 et une fois mon certificat d’aptitude professionnel de menuisier en poche, je travaillais un mois chez un artisan à Aix. Mais le coût cumulé des repas et du transport journalier entre Lambesc et Aix, rendait cette opération peu rentable. J’ai ensuite, beaucoup aimé la tâche d’aide-topographe dans un petit bureau d’études travaillant en sous-traitance pour EDF à l’aménagement de la Durance. Avec mes collègues topographes, sous les ordres de M.REGNE ingénieur-topographe et à l’aide de ma mire, nous avons réalisé des relevés de profils de canaux d’irrigation, suivis des calculs de volume de terre à enlever (cubatures). J’ai participé également à la réalisation du nivellement de précision de la centrale de Salon-de-provence. Bien que parfois difficile (les journées de mauvais temps n’existaient pas comme dans le bâtiment), il nous arrivait de travailler sous la neige. Mais cette vie partagée entre les relevés topographiques en plein air et les reports sur plans à l’intérieur le reste du temps, me convenait assez.

le canal de Provence

moi à 17 ans

                                                                          Le mariage de Domy et Maurice en 1967

         Mais j’avais 17 ans à l’époque et une passion grandissante, pour les avions modernes, notamment les jets qui passaient fréquemment au-dessus de nos têtes venant d’Istres ou Orange. Malheureusement, une forte myopie m’interdisait tout espoir de piloter, mais désireux malgré cela de me rapprocher de ce monde, je m’engageais le 18 septembre 1963 dans l’armée de l’air, pour une durée de trois ans et dans le but de devenir sous-officier.

   

   Lors de ma formation militaire (ici Peloton n°2 au B.I.M de Compiègnes-Royallieu en 1965)

         Durant trois mois, j’effectuais ma formation militaire au centre d’instruction de la base-école n°726 à Nîmes-Courbessac. A l’issue de cette formation, trois «spécialités» m’étaient proposées au choix: secrétaire-administratif, pompier ou cuisinier, je choisis la première et me retrouvais à nouveau en stage professionnel sur la base-école n°720 à Caen-Carpiquet pour y être formé au secrétariat (frappe à la machine comprise). Le fait que l’accès au train « Mistral » m’ait été refusé en tant que militaire à mon retour de permission de fin de stage, me fit rater l’amphi final d’attribution des bases d’affectation et je me retrouvé muté à la base-école n°702 d’Avord dans le Cher, lieu dont personne n’avait voulu, parcequ'inconnu de la plupart.
          J’arrivais à Avord en pleine canicule estivale, le week-end du 15 août 1964, sur une base quasi-déserte. Après un court séjour comme fourrier d’une unité de support, avec comme patron un adjudant-chef ancien des B-26 Marauder, puis adjoint au gérant du mess des sous-officiers je fus finalement, affecté à la Direction des Etudes (DE) de l’école des pilotes du transport (Groupement Ecole n°319). A cette époque, le G.E.319 était équipé de bimoteurs Dassault « Flamand » MD 312 et de Douglas DC3 pour la navigation « astro » au profit des équipages du bombardement. A la D.E. j’eu la charge de fourrier pour les équipements individuels de vol à remettre aux élèves (combinaison de vol, casque Guenault, règle de navigation etc) et l’envoi du message de disponibilité des avions, chaque matin adressé au commandement des écoles basé à Villacoublay et dont nous dépendions.
         J’y effectuai mon premier vol dans l’armée de l’air sur MD 312 lors d’une liaison aérienne sur Villacoublay, avec comme pilote mon patron direct, le sous-lieutenant Butard (un « moustachu » en matière de pilotage). Nommé caporal, j’encadrais une section d’appelés au B.I.M. De Compiègne. C’est là que je découvris Paris.

Dassault MD 312 «Flamant»

              De retour à Avord, j’y obtenais quelques mois plus tard une permutation sur la région parisienne pour la base aérienne n°104 Le Bourget-Dugny.  A mon arrivée, sur cette base était stationnée la 64ème escadre de transport. Elle était constituée de 2 escadrons: l’ E.T. N°1/64 «Béarn» équipé de bimoteurs bipoutres Nord 2501 «Noratlas» et l’ E.T. 2/64 «Maine» équipé de Bréguet Br 765 «Deux ponts» et de Douglas DC 6B.

 
                                                                                                    Nord 2501 Noratlas

Bréguet Br.765 «Sahara»

            C’est en 1966 que je fis la connaissance d’Annick (dite:« Anne »), ma future femme, qui était à l'époque, manipulatrice en radiologie à la clinique radiologique rue Jean Laugère d’Arnouville-lès-Gonesse (clinique dirigée par les docteurs Fihey et Lepic). Nous nous sommes mariés à Arnouville-lès-Gonesse en 1967. Notre premier enfant: Christophe(actuellement chercheur au CNRS) naquit l'année suivante et Séverine (actuellement, professeur de lettres françaises en collège), naquit en 1972,  .

    christophe-pallier-et-sa-maman-1.jpg 

Christophe, Anne et Séverine

          Durant le début de mon séjour dans l'armée, celui de mon père allait bien toucher à sa fin. Il fut affecté une dernière fois à Lyon. Il résida avec mes frêres et ma soeur d'abord à Villeurbanne, puis après avoir quitté l'armée à Saint-Genis Laval. Admis à la retraite militaire à 52 ans, il repris un emploi de chef d'équipe dans une société de nettoyage industriel.

Il décéda le 20 octobre 2001 à l'hôpital Edouard Herriot, quelques mois seulement après le décès de maman à l'hôpital de Fourvière.

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